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Recherche clinique

Les phases de la recherche clinique

Passer de la recherche pré-clinique à la recherche clinique, c’est passer à l’étude d’une nouvelle molécule que l’on introduit chez le sujet humain. Parmi les 10 ou 20 molécules étudiées en recherche pré-clinique, seules quelques-unes seront retenues et se révèleront assez sûres pour passer à la phase I de la recherche clinique.

Avant qu’un nouveau médicament ne puisse être évalué chez l’humain, un dossier des résultats obtenus au cours du programme pré-clinique doit être révisé et approuvé par le Programme des Produits Thérapeutiques (PPT), une division de Santé Canada. En outre, toutes les recherches cliniques menées chez les humains doivent être approuvées au préalable par le comité d’éthique de chaque institution où l’étude sera menée.

Études de phase I

Les modifications apportées récemment à la réglementation ont rendu le Canada plus attrayant pour la conduite des études de phase I, qui sont maintenant menées par Merck Frosst au Canada. Par le passé, ces études étaient en général réalisées en Europe et aux États-Unis, où la période d’attente pour obtenir l’approbation réglementaire pour les protocoles de phase I était plus courte.

Les études de phase I commencent en général avec la participation d’hommes en bonne santé, afin d’évaluer la demi-vie, l’absorption, la distribution, la biotransformation et l’excrétion du médicament chez l’humain. Certaines exceptions existent cependant, comme par exemple pour les médicaments spécifiquement mis au point pour les femmes, ou les médicaments utilisés pour traiter le VIH (SIDA) ou le cancer. Ces études donnent également un aperçu du profil de tolérance et d’innocuité du médicament, parfois très différent de celui retrouvé chez l’animal. Le MK-679 par exemple, une molécule mise au point avant SINGULAIR®(montélukast sodique) qui donnait de bons résultats chez l’animal, a montré des signes de toxicité hépatique lors des premières études chez l’humain, ce qui a mis fin à son développement.

Les volontaires en bonne santé qui participent aux études de phase I sont qualifiés de « sujets » plutôt que de « patients ». Ils reçoivent une indemnité compensatoire pour leur participation, qui souvent exige de multiples visites en clinique durant plusieurs jours afin que soient prélevés des échantillons de sang et d’urine. Ces échantillons sont analysés afin de déterminer l’absorption, la distribution et l’excrétion du médicament (pharmacocinétique).

Une fois que la pharmacocinétique chez l’humain est comprise, les scientifiques de Merck Frosst peuvent commencer à se pencher sur d’autres aspects importants tels la posologie maximale tolérée par le patient, les interactions médicamenteuses ou les interactions avec les aliments, et les effets sur les marqueurs indirects de l’efficacité avant que le médicament ne soit évalué chez des patients atteints de la maladie pour laquelle le produit a été mis au point. Cette étape peut s’échelonner sur 1 à 2 ans.

Études de phase II

La phase II est celle où la molécule est utilisée pour la première fois chez une population de patients afin de traiter la maladie cible. Ces études de phase II, le plus souvent d’une durée de 1 à 2 ans, visent à établir la dose et la fréquence posologique, et à recueillir des données sur l’innocuité du médicament. Les patients reçoivent une allocation raisonnable pour leurs frais divers, mais ne sont pas payés pour leur participation à l’étude.

Études de phase III

Merck Frosst participe à des études internationales de phase III qui regroupent plusieurs centres de recherche et des milliers de patients dans le monde entier. Le succès des études de phase III constitue pour Merck & Co., Inc. un dossier impressionnant de recherche qui lui permet d’obtenir l’approbation de diverses agences de réglementation dans le monde pour la commercialisation d’un de ses médicaments.

Le protocole d’une étude de phase III dépend d’un certain nombre de facteurs. Les comparateurs actifs (déjà sur le marché) sont jugés plus puissants que les placebos, et les études à double insu, au cours desquelles ni le patient ni l’investigateur n’est en mesure de dire quel médicament a été administré, sont désormais de rigueur. En outre, la répartition au hasard des sujets, soit l’assignation des traitements au hasard, par ordinateur, est aussi la norme et prévient tout biais statistique de la part de l’investigateur.

Les paramètres d’efficacité sont des résultats d’importance clinique, qui sont souvent déterminés après consultation avec la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis. La durée de l’étude dépendra de l’indication – ainsi 3 années peuvent être nécessaires pour démontrer l’effet d’un médicament sur l’ostéoporose, alors qu’un effet sur la thrombose coronarienne peut être mis en évidence en quelques jours seulement.

Le nombre de patients qui seront nécessaires à l’étude est déterminé d’après certaines considérations statistiques – des différences importantes peuvent en effet être démontrées dans certains cas avec moins d’une centaine de patients, alors que des milliers de patients peuvent parfois être nécessaires pour faire ressortir de légères différences. Dans une étude de phase III sur SINGULAIR®, 895 patients ont dû être inscrits pour démontrer que ce médicament et la béclométhasone offraient une efficacité similaire pour améliorer la fonction pulmonaire. Pour évaluer un tel nombre de patients, 36 centres répartis dans le monde entier ont participé à l’étude(1), qui a joué un rôle déterminant dans l’approbation de SINGULAIR® dans plus de 80 pays.

Études de phase IV

Les études de phase IV, également appelées études de pharmacovigilance ou de post-commercialisation, sont menées afin d’obtenir une plus vaste expérience avec le médicament et vérifier l’innocuité auprès de milliers de patients dans des conditions ressemblant davantage à la vie réelle.

Programmes d'évaluation clinique

Les Programmes d’évaluation clinique (PEC) examinent, dans le cadre des indications approuvées au Canada, différents aspects de l’utilisation d’un traitement médicamenteux ou autre dans le but d’augmenter les connaissances sur le produit. Les médecins de famille ainsi que les spécialistes peuvent, dans le cadre de leur pratique, évaluer l’usage d’un médicament ou d’un traitement à l’étude. Les PEC peuvent comporter un grand nombre de médecins et de patients recrutés dans tout le Canada. Il existe différents types de PEC : certains sont des études d’observation qui analysent l’efficacité, le profil de tolérance et l’innocuité d’un médicament dans des conditions réelles d’utilisation, tandis que d’autres sont des études comparatives. Les PEC peuvent également examiner, en situation réelle, si le choix d’un traitement est approprié et si les patients y sont fidèles. De plus, les PEC fournissent aux médecins l’occasion de participer à des études cliniques. Enfin, les PEC sont conçus pour fournir de l’information dans des champs qui n’ont pas nécessairement fait l’objet de recherches approfondies auparavant.

Références

  1. Malmstrom, K., Rodriguez-Gomez, G., Guerra, J. et coll., « Oral montelukast, inhaled beclomethasone, and placebo for chronic asthma. A randomized controlled trial. Montelukast/Beclomethasone Study Group », Ann Intern Med, 130(6), 16 mars 1999, p. 487-495

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